Mohamed Khamallah : un agent dans la cage
Publié le 29 octobre 2026|

La Police Municipale d’un côté, les arts martiaux mixtes de l’autre (MMA). A priori deux univers différents mais qui se rejoignent pour Mohamed Khamallah, chef de brigade à la Police Municipale (PM) de Roubaix et arbitre international de MMA. Dans son métier et à travers sa passion, il fait respecter les règles.
Bio Express
Juillet 1999 : Embauché à la mairie de Roubaix en tant qu’agent de médiation
Novembre 2002 : Naissance de sa fille aînée
16 février 2004 : Entrée à la Police Municipale
5 septembre 2026 : Premiers pas dans la cage de l’UFC
« Ces deux univers, qui peuvent sembler différents, sont en réalité très complémentaires. La Police municipale m’a apporté la rigueur, la maîtrise des situations et le sens du contact humain ; les sports de combat m’ont apporté la discipline, la maîtrise de soi et la capacité à transmettre. » explique Mohamed d’entrée. Grand et athlétique, il n’a pas besoin d’élever la voix pour se faire entendre.
Si l’on s’amuse à remonter son CV, tout est cohérent. Il est arrivé à la mairie de Roubaix en 1999, à la sortie de son service militaire, en tant qu’agent de médiation avec le statut d’emploi jeune. « Je sillonnais les quartiers à la rencontre des jeunes pour discuter avec eux et apporter des solutions à leurs problèmes. » A l’époque, ils sont une centaine de médiateurs à qui la Ville propose une formation pour préparer le concours de gardien de PM, vingt postes étant à pourvoir. Mohamed suit le cursus et obtient le concours de gardien de Police Municipale en février 2004.

« J’ai toujours été passionné de sports de combat et à ce moment-là je me dis que ce serait bien que j’apprenne à me protéger. J’avais pratiqué un peu la boxe anglaise et la boxe pieds-poings en loisirs » explique-t-il. Le MMA s’impose à lui car « c’est le combat le plus réaliste et le plus proche d’une bagarre de rue. » Tous les coups étaient alors permis mais l’Association de Boxe Californie (ABC) a créé une commission et instauré des règles proches de la boxe anglaise. Le MMA est alors cadré par des règles strictes avec un jugement et un arbitrage. Pas de coups dans les parties intimes, ni dans la nuque et la colonne vertébrale par exemple. Mohamed se met à pratiquer très régulièrement, jusqu’à quatre fois par semaine et parfois deux fois par jour ! « Le MMA me donne confiance en moi et m’apporte de la sérénité sur le terrain dans mon quotidien professionnel. Je ressens un bien-être physique et mental. L’intensité des combats me plaît – trois rounds de trois minutes – et les trois niveaux également : la boxe pieds-poings, la lutte et le combat au sol. »
: « Le MMA c’est un sport de combat très proche de la réalité d’un combat de rue sauf qu’il est cadré par des règles, un arbitre et une cage qui sert à protéger les combattants. »
Très vite, Mohamed s’intéresse à l’encadrement des combats : le juge compte les points quand l’arbitre veille à respecter l’intégrité des combattants.
« La légalisation du MMA en France en 2020 et la structuration de la discipline avec la création de la Fédération Française de MMA (FMMAF) ouvrent de nouvelles perspectives. Je me rapproche de la Fédération belge (BMMAF) pour me former à l’arbitrage et au jugement MMA. Après un an de pratique intensive, j’obtiens le niveau N3, puis une équivalence auprès de la FMMAF. » C’est ici que son métier et sa passion se rejoignent : il s’agit dans les deux cas de faire respecter les règles. Vingt-sept règles définissent ce qui est permis dans la cage auxquelles s’en ajoutent cinq pour les amateurs. La discipline et la rigueur, c’est aussi ce qui plaît à Mohamed. « Je voulais être au centre de la cage ! » s’amuse-t-il. Mission accomplie, Mohamed arbitre une trentaine de compétitions par an, la plupart du temps le week-end. Il jongle entre ses deux uniformes, aussi à l’aise dans l’un que dans l’autre. Au rayon des plus beaux souvenirs, il classe sa récente expérience d’arbitre à l’Ultimate Fighting Championship (UFC) à l’Accor Arena tout en haut. « C’est ici que les plus grandes légendes du MMA ont combattu, à l’instar du canadien Georges Saint Pierre ou Jon Jones dit le Goat. Je suis monté dans la même cage qu’eux devant 20 00 personnes ! » se réjouit-il.
Si son travail et sa passion remplissent bien sa vie, Mohamed est aussi un papa en garde alternée qui consacre beaucoup de temps à ses enfants âgés de 12, 15, 19 et 23 ans. Certains d’entre eux partagent même sa passion !
Saher Mheri retient de cette expérience une vocation et entame des études pour devenir éducateur spécialisé. Un parcours encore parsemé d’embûches, qui le rendent plus fort – « Je ne pense jamais problème mais solution » – mais qu’il finit par brillamment valider et qui fait dire à sa mère, très fière : « Mon fis, tu as ton diplôme ! »
C’est à ce moment que l’envie d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte se pose pour Saher Mheri et avec elle le besoin de s’affranchir hors des frontières hexagonales. Il réalise alors un premier rêve de gosse, celui de fouler le sol américain. « Enfant, j’étais très inspiré par la culture américaine avec le basket et le mouvement hiphop. Quand je suis arrivé à Times Square, j’ai fondu en larmes. »
Aux USA, puis au Canada, Saher ose et repousse les fameuses croyances limitantes. « L’apprentissage de l’anglais a été un vrai sketch » sourit-il. De toutes ses expériences, Saher fonde la pédagogie du voyage et développe sa conférence « l’échec, l’école de la réussite » un peu partout. La cerise se pose sur le gâteau en 2025 avec la reconnaissance de son centre de formation « Just #OPPOA ». Sollicité de toutes parts, Saher est notamment très heureux de l’accompagnement qu’il réalise depuis deux ans auprès des jeunes qui participent au concours d’éloquence organisé par la Ville. Une casquette de plus, bien vissée sur la tête.
Ses coups de coeur
Le quartier des Trois-Ponts : C’est mon quartier. Ma grand-mère habite toujours aux Trois-Ponts.
La mairie de Roubaix : c’est là où tout a commencé pour moi, professionnellement. Et du point de vue architectural, c’est l’une des plus belles mairies de France.
Le poste de Police Municipale : l’endroit où je passe le plus clair de mon temps.






